L’« avantage collaboratif » – Volet 3 : l’exemple de Toronto

Pas de commentaire Par La rédaction | 23 février 2018
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Ce texte est la troisième de quatre publications portant sur l’ouvrage de l’auteur Carey Doberstein, intitulé Building a collaborative advantage – Network Governance and Homelessness Policy-Making in Canada, extrait de UBC Press. Cette série illustre les exemples de trois grandes villes canadiennes, Vancouver, Toronto et Calgary, ayant exploré de nouvelles approches en itinérance.

 

À Toronto, le manque de leadership provenant de la mairie au fil des années a fait en sorte que les groupes communautaires se sont organisés. Au cours des années 1990, le gouvernement ontarien avait une politique davantage laissez-faire face à l’itinérance et au logement : les projets de logements sociaux et l’aide sociale ont été respectivement coupés et réduits, et le gouvernement fondait des espoirs dans le marché privé pour répondre à la demande.

 

Les multiples réseaux de Toronto

Toronto a, comme Vancouver, les réseaux TO-Main, TO-Emerg et TO-Ab, ce dernier étant la copie conforme de celui de Vancouver. Or, des conflits séparent TO-Main et TO-Ab, et TO-Ab n’a aucun contrôle sur la façon dont les fonds sont dépensés, ou les priorités, concernant les peuples autochtones de la ville.

TO-Main est similaire au réseau de Vancouver, mais n’a pas encore produit d’innovation en termes de politique ou de coordination des systèmes et n’a pas d’autonomie en ce qui concerne les décisions (p. 107-108). Ses membres proviennent de la communauté, des gouvernements locaux et du secteur privé, mais il est moins activiste que Vancouver. De plus, il n’a pas vraiment d’influence sur le secteur. Il s’agit ici davantage d’un réseau de consultation que de gouvernance (p. 122).

 

Une gestion autonome

La Ville a une grande autonomie dans sa gestion et les politiques de l’itinérance. TO-Emerg se distingue des autres réseaux de par sa création, l’initiative d’un politicien municipal, a pour but de conseiller le conseil municipal sur l’allocation des fonds d’urgence de même que sur la prévention de l’itinérance et les problématiques à long terme. Ce réseau est le plus inclusif et institutionnalisé de la ville. Un conseiller municipal est codirecteur de TO-Emerg, ce qui contribue à sa crédibilité et permet d’apporter ses préoccupations au conseil municipal. TO-Emerg avait ses propres sous-comités liés aux évictions, transports, refuges, éducation de la police, besoins des services, santé mentale et dépendances (p.101) et ceux-ci avaient suffisamment d’autonomie pour mettre en place des projets pilotes. TO-Emerg jouait notamment un rôle quant aux directives lors de températures froides; lorsque le réseau s’est effondré, c’est la Ville qui a pris ce rôle.

TO-Ab: un moyen pour influencer la prise de décisions

TO-Ab a été créé au moyen de l’Initiative nationale pour les sans-abri (1999) [précurseur de la SPLI actuelle] et a pour but de déterminer les priorités politiques et l’allocation des fonds pour la communauté autochtone (p. 104). TO-Ab avec moins de membres que VAN-Ab est beaucoup plus intégré dans les institutions dominantes, ce qui lui permet d’étendre son influence (p.104). TO-Ab est beaucoup plus flexible au niveau du financement.

 

Un dénombrement coordonné par la Ville

Le dénombrement qui a lieu aux trois ans est coordonné par la Ville et non par TO-Main, en collaboration avec des représentants de la société civile. Subséquemment, le programme  Street to Home a permis de loger plusieurs personnes dans des logements privés, mais l’itinérance a poursuivi sa hausse.

Toronto venait de mettre en place, avant la publication du livre, la Toronto Alliance to End Homelessness, qui a pour but de conseiller la Ville quant à l’itinérance et au logement. Ce nouvel organisme sera mieux placé pour voir l’ensemble du système.

 

Pour en savoir plus:

Carey Doberstein, Building a collaborative advantage – Network Governance and Homelessness Policy-Making in Canada, UBC Press

 

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