L’« avantage collaboratif » – Volet 4 : l’exemple de Calgary

Pas de commentaire Par La rédaction | 3 avril 2018
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Ce texte est la quatrième et dernière de quatre publications portant sur l’ouvrage de l’auteur Carey Doberstein, intitulé Building a collaborative advantage – Network Governance and Homelessness Policy-Making in Canada, extrait de UBC Press. Cette série illustre les exemples de trois grandes villes canadiennes, Vancouver, Toronto et Calgary, ayant exploré de nouvelles approches en itinérance.

 

Calgary est différente en ce sens que le milieu privé s’y investit beaucoup dans la gouvernance de l’itinérance.

Dans les années 1990, deux études ont contribué à modifier la pensée face à l’itinérance. L’une d’elles a fait réaliser aux décideurs et à la population que les personnes en situation d’itinérance étaient des travailleurs et que leur période d’itinérance était courte.

 

Calgary: une pionnière en matière de dénombrement

En 1992, s’est alors tenu le premier dénombrement dans la ville de Calgary, qui fut d’ailleurs pionnière dans le domaine.

Puis, 1996 a vu la création du Ad-Hoc Steering Committee on Homelessness, qui regroupait les efforts municipaux et provinciaux. Ce comité est devenu CAL-Main et a représenté plusieurs groupes ayant plus d’une centaine de membres à son actif. Le comité intégrait des personnes en situation d’itinérance pour définir les problèmes, participer aux recherches et proposer des solutions. Ce réseau est beaucoup plus institutionnalisé et inclusif que celui de Toronto. CAL-Main comprend huit secteurs: célibataires, familles, violence familiale (femmes), santé mentale, dépendances, aînés, jeunes et Autochtones. Chacun de ces secteurs a son propre plan stratégique et envoie un représentant à CAL-Main.

En 1998, la Calgary Homeless Foundation a vu le jour. Cette Fondation est unique et se distingue de tout ce qui est étudié dans le livre. Les membres de la Calgary Homeless Foundation ne venaient pas du milieu de l’itinérance et la Fondation avait le mandat de rassembler les fonds publics et privés pour construire ou acheter des logements abordables dans la ville.

 

Arrimer les efforts et mieux se coordonner

Au début des années 2000, alors que l’itinérance commençait à être très présente, des entreprises se sont intéressées à l’itinérance pour des raisons morales et financières. Dès 2008, l’Alberta avait un plan pour mettre fin à l’itinérance en dix ans. Cinq ans plus tard, le Interagency Council on Homelessness était lancé: celui-ci regroupait les ministères provinciaux liés à l’itinérance, des groupes civils et des gouvernements locaux. Cela a fait de l’Alberta la province ayant la réponse la plus complète au pays face à l’itinérance (p.128). Or, tout cela n’est pas dû à la volonté de la Ville, mais plutôt de la Calgary Homeless Foundation.

Le plan de dix ans pour mettre fin à l’itinérance a été rédigé par le Calgary Committee to End Homelessness, un regroupement qui inclut aussi des entreprises, des fondations privées et des représentants du gouvernement. Le plan voulait éliminer l’itinérance chronique en dix ans grâce à l’approche Logement d’abord, couper la moitié des espaces en refuge en cinq ans, réduire le temps passé en refuge à dix jours et obtenir 3.1 milliards de dollars des gouvernements et du secteur privé pour construire des logements abordables et offrir des suppléments au loyer.

Cal-Main est parmi les systèmes les plus coordonnés que l’auteur a étudié. Sa structure est élaborée en misant sur la coordination de tous les acteurs impliqués.

 

Pour en savoir plus:

Consultez l’ouvrage de l’auteur Carey Doberstein, intitulé Building a collaborative advantage – Network Governance and Homelessness Policy-Making in Canada, extrait de UBC Press

 

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