Repenser le leadership fédéral sur la prévention de l’itinérance

Pas de commentaire Par La rédaction | 18 septembre 2017
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Extrait d’une publication de l’Observatoire canadien sur l’itinérance (Le rond-point de l’itinérance)

En itinérance, l’action a généralement été portée une fois que les gens sont à la rue et non sur la prévention, disent les auteurs.

L’approche du Logement d’abord, instaurée il y a dix ans, a été embrassée par le gouvernement fédéral en 2013. Cependant, c’est le rôle du gouvernement fédéral, soulignent les auteurs (Stephen Gaetz, Erin Dej, Jesse Donaldson, Nadia Ali), d’établir une définition commune et de déterminer les lignes directrices et les paramètres de ce qu’est la prévention, pourquoi et comment la prévention doit être au centre de la stratégie nationale en itinérance, au même titre que pour le Logement d’abord.

Dans leur document A New Direction : A Framework for Homelessness Prevention  les auteurs définissent la prévention de l’itinérance comme « des politiques, pratiques et interventions qui réduisent la possibilité que quelqu’un vive l’itinérance. Cela signifie aussi de fournir – à ceux qui ont vécu l’itinérance – des ressources et le soutien pour stabiliser leur situation de logement, améliorer leur intégration et leur inclusion sociale et réduire les chances qu’ils connaissent l’itinérance à nouveau.» (traduction libre)

 

La prévention de l’itinérance: cinq éléments essentiels

1) la prévention structurelle, liée aux politiques, à la législation ;

2) la prévention systémique, c’est-à-dire mettre en place des services et du soutien, notamment à la sortie des hôpitaux ;

3) l’intervention précoce auprès de ceux qui sont à risque imminent d’itinérance et l’intervention de crise pour ceux qui ont connu l’itinérance ;

4) la prévention des évictions, avec des médiations propriétaire/locataire, de l’aide financière, des conseils légaux, etc. ;

5) la stabilité résidentielle auprès des personnes qui ont connu l’itinérance pour trouver et garder leur logement.

 

Le COH souligne que la prévention de l’itinérance n’est pas seulement de la responsabilité du secteur de l’itinérance, et qu’il faut plutôt prioriser les collaborations interministérielles et les initiatives co-financières. On pose la question à savoir quelle est la démarcation entre le rôle du fédéral et celui des provinces, alors qu’ici, le Québec a son propre Plan interministériel en itinérance qui aborde la prévention. Le document reconnaît l’apport de ce plan, de même que de certaines provinces (Alberta) et localités (Montréal, Québec, Edmonton, Medicine Hat, etc.), mais souligne que bien que l’effort soit fait dans les communautés, il ne l’est pas à l’échelle nationale.

 

Le rôle de leadership du fédéral

Le comité souligne aussi que c’est au fédéral que revient le rôle de paver le chemin. Pour ce faire, il propose un plan en 4 points :

  • Alignement : connecter la stratégie de prévention de l’itinérance à d’autres priorités gouvernementales
  • Investissement
  • Innovation : identifier ce qui fonctionne dans la prévention de l’itinérance
  • Partenariat

Le document se termine en soulignant que la fin de l’itinérance au pays se traduit par la prévention et donne des exemples d’études de cas à l’international.

Pour consulter:

Gaetz, S., Dej, E., Donaldson, J., & Ali, N. (2017). Leading the Way: Reimagining Federal Leadership on Preventing Homelessness Toronto: Canadian Observatory on Homelessness Press.

COH Prevention Framework

Taking the lead: A federal plan for preventing homelessness

 

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