Vers des politiques et des programmes plus inclusifs destinés aux personnes âgées en situation d’itinérance

Pas de commentaire Par La rédaction | 31 août 2018
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Par Victoria Burns, Ph. D., titulaire de bourse de recherche postdoctorale, Institut national de la recherche scientifique, Urbanisation, Culture et Société. Victoriafrances49@gmail.com 

 

Au dévoilement des résultats du plus récent dénombrement ponctuel des personnes en situation d’itinérance à Montréal, lors d’une conférence de presse au centre-ville de Montréal en juillet 2015, l’une des constatations les plus surprenantes, du moins du point de vue d’une gérontologue sociale, était que 41 % de la population totale des itinérants et 49 % des usagers des refuges étaient âgés de 50 ans et plus (Latimer et al., 2015). Dans la même veine, un certain nombre d’organismes de Montréal ont constaté que le nombre de personnes âgées résidant dans des refuges avait quadruplé au cours des 20 dernières années (La Maison Marguerite de Montréal inc., 2013; Maison du Père, 2014). Et si le recours des personnes âgées aux refuges d’urgence est en augmentation partout au Canada, la proportion des personnes âgées habitant dans des refuges représente environ le double des récentes estimations à l’échelle nationale (24,4 %) (Gaetz et al. 2016). 

Je faisais partie des 600 bénévoles qui ont participé au dénombrement ponctuel de la nuit du 24 mars 2015. J’étais en poste à la Mission Old Brewery, qui est l’un des plus grands refuges du Canada. Je préparais alors un doctorat en travail social à l’Université McGill. Dans le cadre de ma thèse, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec 15 personnes âgées, hommes et femmes, vivant dans des refuges à Montréal pour tenter de comprendre comment ils ont vécu le fait de tomber pour la première fois dans l’itinérance à plus de 50 ans (Burns, 2015; 2016). 

 

Qui sont les personnes âgées en situation d’itinérance? 

Mesurer l’ampleur de l’itinérance des aînés n’est pas une tâche simple, et ce, en raison de la diversité des définitions données à l’« itinérance » et, en particulier, à l’itinérance des « aînés ». L’itinérance peut vouloir dire être sans abri (vivre dans la rue), résider dans des refuges d’urgence, vivre dans un logement provisoire (être hébergé chez des connaissances, vivre dans une voiture) ou dans un logement insalubre (Gaetz, et al., 2013). Au Canada, une personne « âgée » ou « aînée » fait habituellement référence à la catégorie de la population de 65 ans et plus, ayant notamment atteint l’âge de la retraite et le seuil d’accès aux programmes de prestations sociales tel le Programme de la sécurité de la vieillesse. Cependant, l’âge auquel font plus couramment référence les chercheurs et les décideurs pour décrire une personne âgée en situation d’itinérance, c’est 50 ans; car, du fait d’être en situation d’itinérance, cette catégorie de la population est confrontée à un vieillissement accéléré, à une prévalence de maladies débilitantes et à une espérance de vie plus courte (Grenier et al., 2016a; McDonald et al., 2007). En raison de cette diversité des définitions de l’itinérance et des seuils d’âge, les estimations au Canada de l’itinérance des personnes âgées varient de 4 % à 49 % (Gaetz et al., 2016; Latimer et al., 2015). 

 

Un nombre croissant d’études, dont plusieurs publications canadiennes récentes (Burns, 2016; Burns et al., 2012; Furlotte et al., 2012; Grenier et al., 2016a; 2016b; McDonald et al., 2009; Reynolds et al., 2016; Rothwell et al., 2016; Walsh et al., 2015; Woolrych et al., 2015) laissent à penser que l’itinérance des personnes âgées, tout comme l’itinérance dans les autres tranches d’âge, est un phénomène complexe causé par des situations propres à chacun (l’alcoolisme, la toxicomanie, les problèmes de santé physique ou mentale, l’éclatement de la famille) combinées à des facteurs structurels (la difficulté à trouver un emploi convenable et le logement). En même temps, il faut faire la distinction entre deux différents parcours qui mènent à l’itinérance au troisième âge : 1) les aînés qui ont longtemps vécu dans la marginalité, plus couramment appelés itinérants « chroniques »; et 2) les personnes « récemment » ou « nouvellement » itinérantes, c’est-à-dire qui vivent l’itinérance pour la première fois à un âge avancé (McDonald et al., 2007). Alors que ces deux sous-groupes augmentent en nombre partout au pays, contrairement à ce que l’on pense communément, une petite minorité d’itinérants au Canada ont une longue histoire d’itinérance chronique (2 % à 4 %) (Gaetz et al., 2013). 

 

Quelles sont les causes de l’itinérance des personnes âgées? 

L’augmentation alarmante du nombre des personnes âgées en situation d’itinérance à Montréal doit être examinée dans un contexte plus large. Les enjeux sociopolitiques des dernières décennies, notamment le vieillissement démographique, la progression de l’urbanisation, la réduction des dépenses relatives aux programmes sociaux et une crise du logement généralisée, ont contribué à l’augmentation de l’itinérance en général et de celle des personnes âgées en particulier (Hulchanski, 2009; Gaetz et al., 2013). Toutefois, certaines particularités de Montréal doivent être soulignées : la population de Montréal vieillit rapidement; en 2011, 15 % de la population de Montréal, soit 250 000 aînés, était âgée de 65 ans et plus; en 2031, au moins 20 % de la population sera âgée de 65 ans et plus (André et Payeur, 2009). Tandis que le logement à Montréal est encore relativement abordable par rapport aux autres grandes villes canadiennes telles que Vancouver ou Toronto, le prix d’un appartement de deux chambres à coucher a augmenté de 29 % entre les années 2000 et 2010 (IRIS, 2010). De plus, les personnes âgées à Montréal sont en moins bonne situation financière que les personnes du même âge qui résident ailleurs dans la province, particulièrement celles qui sont nées entre 1946 et 1964 (qui sont actuellement âgées de 53 à 71 ans) (Gagné et Poirier, 2013). 

 

Comparativement aux populations itinérantes jeunes et aux aînés en général, les personnes âgées en situation d’itinérance vivent des réalités particulières qui les exposent à de plus grands risques de perdre leur logement et de rester dans l’itinérance. Ce groupe de la population a un taux de mortalité considérablement plus élevé que les autres adultes de la population générale, et la santé physique et mentale de ses membres est bien plus précaire que celle des autres (Furlotte et al., 2012; McDonald et al., 2007). Les personnes de ce groupe restent en moyenne deux semaines de plus dans les refuges que les itinérants appartenant à des groupes d’âge plus jeunes (Rothwell et al., 2016), souvent parce qu’ils connaissent moins bien que les autres le système de santé et des services sociaux (McDonald et al., 2007). Leur état de santé correspond plutôt à celui d’une personne de 15 à 20 ans plus âgée qu’eux, ce qui les empêche de travailler, alors qu’elles sont probablement trop jeunes pour bénéficier des prestations versées en fonction de l’âge telles que les pensions de retraite et les allocations de logement (Burns et al., 2012; Gélineau, 2013). Si ces personnes sont aptes à travailler, elles se heurtent à des comportements discriminatoires qui, souvent, les empêchent de se réinsérer dans le marché de l’emploi (Gélineau, 2013). Malgré cette tendance, quelques programmes et services sont mis à leur disposition pour répondre à leurs divers besoins, particulièrement en ce qui concerne le logement. 

 

Difficultés relatives au logement que subissent les personnes âgées en situation d’itinérance 

Les personnes âgées ont beaucoup de difficulté à avoir accès à un refuge adéquat, que ce soit un refuge d’urgence ou de transition, ou bien un logement permanent, en raison de leurs besoins complexes en matière de soins de santé et de services sociaux. Ce défi devient encore plus insurmontable quand il est question de marqueurs d’identité (LGBT-Q, statut d’immigrant ou de réfugié, personnes atteintes du VIH/sida, problèmes de santé mentale et de dépendance) (Furlotte et al., 2012; Grenier et al., 2016a; Reynolds et al., 2016). Les personnes ayant des problèmes de santé et de mobilité réduite ont encore plus d’obstacles à franchir pour avoir accès aux services d’urgence tels que les refuges, les soupes populaires, ces endroits étant rarement conçus pour répondre à leurs besoins (p. ex. résidents obligés de sortir durant la journée, refuges non équipés d’ascenseurs) (Burns 2016). De plus, ils sont souvent exclus des principales résidences de soins de longue durée à cause de problèmes d’alcool ou de troubles du comportement (Crane et Warnes, 2007).  

Et même quand les personnes âgées en situation d’itinérance réussissent leur transfert vers un logement indépendant, l’inquiétude de vivre seules sans soutien spécialisé entretient chez elles le sentiment d’« instabilité » et peut aboutir à une rupture de bail (Crane et Warnes, 2007). En d’autres termes, restaurer chez ces personnes une stabilité à long terme dans un logement indépendant est peu probable, à moins que des services de soutien soient assurés en permanence, car les personnes âgées sont plus susceptibles que d’autres groupes d’âge d’être isolées socialement et d’avoir besoin de soins supplémentaires (Crane et Warnes, 2007; McDonald et al., 2009). Toutefois, les modèles qui adhèrent au principe du Logement d’abord, adoptés par nombre de collectivités au Canada, qui se sont révélés extrêmement efficaces pour assurer une transition rapide de l’hébergement d’urgence à un logement indépendant permanent (Georing, 2014, Waegemakers Schiff, et Rook, 2012), soulèvent certaines inquiétudes en ce qui concerne les personnes âgées en situation d’itinérance. Pourtant, à ce jour, très peu d’études se sont concentrées sur la recherche de types de logements et de soutien social qui répondraient le mieux aux besoins de cette population très hétéroclite d’aînés en situation d’itinérance tout en favorisant leur inclusion, particulièrement dans un environnement montréalais. 

 

Réfléchir à des solutions adaptées aux personnes âgées en situation d’itinérance : un projet de recherche-action participative 

Pour combler ces lacunes, nous menons, en collaboration avec Jean Gagné, professeur à l’Université TÉLUQ, et le P.A.S. de la rue, un organisme communautaire pour les personnes âgées en situation d’itinérance, un projet de recherche-action participative pour analyser tant les facteurs qui ont favorisé que ceux qui ont empêché le relogement et la réintégration des personnes âgées qui étaient auparavant en situation d’itinérance à Montréal. Nous recueillons les témoignages d’hommes de 50 ans et plus qui habitent dans trois modèles de logements supervisés, conçus différemment et recevant des types de soutien social également différents.  

Le premier est le Projet logement Montréal (PLM), un modèle qui s’inspire du principe du Logement d’abord (Gaetz et al., 2013b; Waegemakers Schiff et Rook, 2012). Les résidents du PLM sont logés dans des habitations dispersées dans le marché locatif privé. Le personnel d’accompagnement n’est pas directement lié aux ressources d’habitation et visite les résidents à des fréquences qui varient selon leurs besoins. Le deuxième est la résidence J. A. De Sève, un centre d’hébergement sans but lucratif d’une capacité de 78 personnes (géré par la Maison du Père) qui offre le soutien d’intervenants sur place. Le troisième modèle est celui des logements-relais du P.A.S. de la rue, un complexe de 8 logements de transition où les locataires peuvent habiter un maximum de deux ans en bénéficiant du soutien d’intervenants sur place. Dans ces trois modèles, les résidents doivent verser un loyer équivalent à 25 % de leur revenu. Nous procédons actuellement à des analyses sur le terrain et visons à présenter nos premières constatations au printemps 2017. 

 

Conclusion 

Les problèmes particuliers liés à l’itinérance des aînés sont de plus en plus pris en compte dans les stratégies publiques de lutte contre l’itinérance (Burns et al. 2012; Grenier et al., 2016b), notamment dans le tout récent plan d’action triennal de Montréal (2014-2017) (Ville de Montréal, 2014)1. Pour répondre aux besoins des personnes âgées en situation d’itinérance au Canada, il faut des changements de politiques et de nouvelles manières d’aborder le logement, en y incluant notamment des services de soutien permanents. 

Compte tenu de la diversité des cas d’itinérance des aînés, une approche unique pour combattre l’itinérance n’est pas viable à long terme. Ces changements doivent tenir compte de leurs différents parcours, de leur état de santé, quel qu’il soit, et des divers marqueurs d’identité qui caractérisent cette population (LGBT-Q, statut d’immigrant ou de réfugié, personnes atteintes du VIH/sida, problèmes de santé mentale et de dépendance). Dorénavant, il faudra absolument que les chercheurs, les décideurs politiques et les intervenants sur le terrain travaillent main dans la main pour s’assurer que la reconnaissance des personnes âgées en situation d’itinérance dans les politiques et les programmes s’accompagne de mesures concrètes. 

 

Remerciements 

J’aimerais remercier le programme Québec ami des aînés (QADA) pour sa contribution financière au projet, ainsi que toutes les personnes âgées en situation d’itinérance et les partenaires communautaires qui ont participé à notre étude. J’aimerais également remercier James McGregor pour ses précieux commentaires lors de l’écriture de cet article, et Danielle Jazzar pour la traduction de l’article vers le français. 

 

RÉFÉRENCES  

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