Dénombrement 2018 – les faits saillants

Pas de commentaire Par La rédaction | 25 mars 2019

Le dénombrement 2018, mandaté à la fois par la Ville de Montréal et par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-deMontréal, s’insère dans trois autres initiatives plus larges :

▪ Des dénombrements ont également eu lieu dans 10 autres régions du Québec, sous la coordination du Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) qui prépare un deuxième portrait de l’itinérance comportant aussi des volets sur l’itinérance cachée, l’utilisation des services et un approfondissement des connaissances à l’égard des personnes itinérantes. Le dénombrement offre une partie de l’information et contribue au volet sur l’itinérance visible de ce portrait;

▪ Il fait partie d’une démarche fédérale ayant eu lieu dans une soixantaine de communautés à travers le Canada : Tout le monde compte 2018;

▪ Il s’inscrit dans un courant international – de plus en plus de villes et de collectivités effectuent des dénombrements à intervalles périodiques. Ils permettent de suivre l’évolution du nombre de personnes en situation d’itinérance visible et de suivre l’évolution des caractéristiques de cette population.

Le dénombrement de 2018 poursuivait deux objectifs :

1) Estimer le nombre de personnes en situation d’itinérance visible le soir du 24 avril 2018 sur l’ile de Montréal;

2) Décrire le profil des personnes en situation d’itinérance visible et celles que nous avons pu rencontrer qui étaient en situation d’itinérance cachée.

RÉSULTATS
Nous estimons que le 24 avril 2018, 3 149 personnes étaient en situation d’itinérance visible à Montréal dont 678 personnes avaient passé la nuit dans un lieu extérieur.

Globalement, 74% des personnes identifiées comme étant en situation d’itinérance visibles sont des hommes, 23 % de femmes et 3% autres identités de genre.

• Les répondants arrivés au Canada en tant qu’immigrants constituaient 15 % de l’échantillon. Ceux arrivés au Canada avec le statut de réfugié ou de demandeur de statut de réfugié représentaient au total 5 % de l’échantillon. Ainsi, au total, 20 % de l’échantillon étaient des immigrants de première génération, contre 34 % sur l’île de Montréal.

• 12 % des répondants étaient Autochtones, contre 0,6 % de la population générale sur l’île de Montréal. 25 % des personnes autochtones en situation d’itinérance
étaient des Inuits, alors que ceux-ci représentent 5 % des personnes autochtones sur l’île de Montréal.

• 38 % des répondants avaient connu leur premier épisode d’itinérance il y a 10 ans ou plus. Ce pourcentage s’élevait à 50 % pour les personnes dans des lieux extérieurs, et descendait à 27 % pour celles qui se trouvaient dans les ressources de transition. À l’autre extrême, 28 % des répondants avaient connu leur premier épisode d’itinérance depuis moins d’un an, ce pourcentage étant plus faible parmi les personnes dans des lieux extérieurs (15 %) et plus élevé dans les ressources de transition (32 %).

• 47 % avaient été en itinérance tout au long de l’année précédente, tandis que 25 % ne l’avaient été que pendant moins de 3 mois. Encore une fois, le pourcentage des personnes dans des lieux extérieurs qui avaient été en situation d’itinérance toute l’année était le plus élevé (66 %), tandis qu’il était le plus faible pour les personnes dans les ressources de transition (39 %).

• La raison la plus souvent évoquée, par 20 % des répondants, pour la perte de logement la plus récente, était une dépendance. Venait en second lieu l’incapacité à payer son loyer ou son hypothèque (18 %). Des conflits de diverses natures – avec conjoint ou conjointe (11 %), avec parent ou tuteur (8 %) ou autres (7 %) – étaient également souvent évoqués.

• Pour les répondants qui avaient passé la nuit dans un lieu extérieur, les raisons les plus souvent évoquées pour ne pas utiliser un refuge d’urgence au cours de l’année précédente étaient « les punaises de lit et autres insectes » (34 %), la « crainte pour la sécurité » (12 %), « à cause des règlements » (12 %) et une catégorie « Autres » incluant « odeurs, bruit, manque d’intimité » (10 %).

La moitié (50 %) des répondants ont rapporté avoir visité l’urgence au moins une fois au cours de l’année précédente, et le tiers (33 %) avoir été hospitalisés.

Le quart des répondants (33 % pour les personnes dans des lieux extérieurs) ont rapporté avoir eu au moins un contact avec un policier voulant offrir de l’aide au cours de l’année précédente, et 46 % (65 % pour les personnes dans des lieux extérieurs) un contact pour arrestation, fouille ou contravention. Par ailleurs, 16 %
des répondants ont mentionné avoir été détenus au moins une fois au cours de l’année précédente (25 % pour les personnes dans des lieux extérieurs).

Le service souhaité le plus souvent évoqué (61 % des répondants) était l’aide pour trouver et garder son propre logement. Les personnes dans des lieux extérieurs et dans des hébergements d’urgence étaient proportionnellement plus nombreuses à exprimer ce souhait (65 % et 71 %), alors que celles dans des ressources de transition l’étaient un peu moins (57 %). Venaient ensuite l’aide à trouver un emploi (40 %), les services de santé physique (37 %) et les services de santé mentale (33 %).

Les femmes étaient plus susceptibles de se trouver dans des ressources de transition, où elles représentaient 35 % des répondants, et aussi, dans une moindre mesure (22 %), en itinérance cachée. Elles étaient plus jeunes, et beaucoup plus susceptibles d’être bisexuelles – on voit en fait que c’est principalement en raison des femmes dans l’échantillon que les orientations sexuelles autres qu’hétérosexuelle étaient tellement surreprésentées dans la population en situation d’itinérance. Une plus grande proportion de femmes (22 %, contre 13 % pour les hommes) étaient Autochtones – et tout particulièrement Inuites (8 %, contre 1 % pour les hommes).

Les femmes avaient vécu leur premier épisode d’itinérance en moyenne plus récemment que les hommes. Possiblement de pair avec cette donnée, une plus grande proportion d’entre elles avaient été en situation d’itinérance pendant moins de 3 mois au cours des 12 derniers mois.

Les jeunes de 18 à 29 ans étaient proportionnellement plus nombreux (39 %, contre 31 % pour les autres groupes d’âge) à avoir connu plus d’un épisode d’itinérance au cours de l’année. Ils étaient beaucoup plus susceptibles d’avoir perdu leur logement la dernière fois à cause d’un conflit avec un parent ou tuteur.

Près du quart (22 %) des répondants de 50 ans et plus avait perdu son logement pour la première fois il y a moins d’un an.

Près de 90% des personnes ayant passé la nuit dans un lieu extérieur sont des hommes, 66% ont été en situation d’itinérance pendant toute l’année.

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