Montréal 2020: objectif fin à l’itinérance chronique et cyclique

Pas de commentaire Par La rédaction | 28 janvier 2016
Illustration Crédit: Rejean Harel (exposition Où dormez-vous)

Le Mouvement pour mettre fin à l’itinérance à Montréal présente sa démarche pour sortir quelques 2 000 femmes et hommes de l’itinérance chronique et cyclique en cinq ans.

Pourquoi 2000 personnes ?

JecompteMTL, dénombrement réalisé en mars 2015, permet d’affirmer qu’au moins 784 personnes vivent l’itinérance chronique (plus de quatre ans) et que 1 357 vivent l’itinérance cyclique, soit 2 141 personnes pour lesquelles il est impératif d’intervenir.

« Bien que les Autochtones ne forment qu’une faible proportion de la population montréalaise (0,56 %), ils représentent 10 % des personnes en situation d’itinérance, dont 40 % Inuits. Les interventions à développer doivent tenir compte des traumatismes historiques (p. ex. écoles résidentielles), des particularités culturelles et de leurs besoins spécifiques ». Société Makivik, Projet Autochtones du Québec.

Pourquoi l’itinérance chronique ou cyclique ?

Intervenir auprès de ces personnes contribuera à désengorger les services d’urgence (ambulanciers, hospitaliers, policiers, refuges, logements de transition) et contribuera à une meilleure qualité de vie pour les individus.

Comment ?

Chaque personne reçoit un soutien selon ses besoins et un logement abordable permanent. Plusieurs deviendront autonomes. Un grand nombre aura besoin de soutien pendant longtemps.

« Notre expérience nous démontre clairement que la stabilité résidentielle passe par un suivi communautaire sur mesure, offerte par des intervenants qualifiés, expérimentés et significatifs pour la personne », Accueil Bonneau, Maison du père, Mission Bon Accueil et Mission Old Brewery.

Vision 2020

Dans cinq ans, le réseau communautaire spécialisé aura accueilli, orienté, soutenu et logé de façon stable 2 000 femmes et hommes issus de l’itinérance chronique et cyclique qui seront intégrés dans la communauté de leur choix. Plusieurs auront trouvé un emploi ou une autre activité valorisante. Certains seront hébergés dans une résidence adaptée à leurs besoins.

Le réseau lui-même aura consolidé son expertise et son organisation. Il sera en mesure de fournir des rapports chiffrés sur les résultats obtenus et une évaluation indépendante. Il disposera d’environ 70 gestionnaires de cas communautaires avec une expertise unique et reconnue.

Le réseau communautaire spécialisé maintiendra une capacité de 1 500 femmes et hommes; à mesure que certains s’en sortent (autonomie retrouvée, transfert, abandon, décès, institutionnalisation), d’autres pourront être accueillis, leur évitant ainsi de se retrouver en situation d’itinérance.

« Les femmes que nous accueillons n’ont pas perdu la clé de leur logement, elles sont en souffrance à cause d’un problème de santé mentale, une addiction, un traumatisme … le plus souvent ces situations se cumulent et la personne est isolée ». Pavillon Patricia Mackenzie.

Le plan d’action

Le plan d’action préconise une intervention de proximité favorisant l’accès aux soins, la stabilité résidentielle et l’inclusion sociale.

  • 5 lieux d’accueil, d’évaluation et d’orientation
  • 2 équipes de suivi intensif (SI)
  • 70 intervenants gestionnaires de cas formés en soutien d’intensité variable (SIV) communautaire
  • 1 500 subventions du programme de Supplément au loyer (PSL)
  • 1 bureau de projet, 1 système d’information, la mesure des résultats, des recherches

Sommaire du plan d'action

Financement

Les programmes SPLI (Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance) et SRA (Stabilité résidentielle avec accompagnement) financent déjà une portion du plan d’action et permettront de loger 475 personnes d’ici 2019. Aux fins des projections financières, nous présumons la poursuite de ce financement au-delà de la fin de la présente entente.

Sur cinq ans, le MMFIM évalue les coûts (hors SRA, inflation annuelle à 2 %) à 36,9 M$, dont 18,8 M$ de fonds nouveaux. Ces montants excluent 19,5 M$ de financement venant du gouvernement fédéral jusqu’en 2019 et supposent sa poursuite.

financement

Sur 5 ans

Plusieurs éléments de ce plan sont en voie de mise en œuvre. Ce qui en fait un plan, c’est l’objectif de loger et de soutenir 2 000 personnes issues de l’itinérance chronique et cyclique en cinq ans, et l’identification des moyens précis pour y parvenir. Outre les ressources, il mise sur un réseau spécialisé formé d’un certain nombre d’organismes existants, la formation des intervenants de ce réseau, un système de coordination des actions, la cueillette des données utiles et la mesure des résultats.

2016

  • Déploiement continu du programme SRA.
  • Désignation d’une entité responsable de la mise en oeuvre du Plan et de la collecte et de l’analyse des données.
  • Allocation de PSL pour itinérance.
  • Implantation du SISA (ou équivalent) et assurer la formation et les contrôles de qualité.
  • Recherches par les organismes autochtones pour préciser leurs besoins et déterminer les approches.
  • Engagement budgétaire du gouvernement sur cinq ans pour les équipes de SIV communautaires.
  • Mise en place d’un groupe-conseil de pairs.
  • Mise en place d’une formation pour gestionnaire de cas.

2017

  • Ententes avec le réseau SSS pour développer des lieux d’accueil et de traitement multidisciplinaire.
  • Déploiement de nouveaux gestionnaires de cas dans les équipes de Soutien d’intensité variable (SIV) communautaires.
  • Mise en place du Fonds d’aide au logement.
  • Mise en place d’un programme de formation continue des intervenants.
  • Expérimentation des approches autochtones.

2018

  • Mise en place d’une deuxième équipe SI et allocation des PREM psychiatre hors territoire.
  • Analyse de résultats et ajustements au Plan d’action.
  • Publication des premiers résultats.

2019

  • Fin annoncée du SPLI-SRA 2014-2019.
  • Ajustements selon les résultats obtenus.

2020

  • 2 000 personnes logées, dont 1 500 suivies dans le réseau spécialisé.
  • Évaluation de l’implantation des SRA-SPLI.
  • Évaluation des interventions et des impacts du Plan d’action sur les clientèles cibles.
  • Publication du rapport d’évaluation.

Documents en français (PDF):

Mettre fin à l’itinérance à Montréal. Objectif 2020: fin de l’itinérance chronique et cyclique (sommaire)

Mettre fin à l’itinérance à Montréal – Volet 1 : mettre fin à l’itinérance chronique, Montréal, décembre 2015 (plan complet)

Documents en anglais (PDF):

Ending homelessness in Montreal. Objective 2020: To end chronic and cyclical homelessness (summary)

Ending homelessness in Montreal – Part 1 : Ending chronic and cyclical homelessness (full plan)

 

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