Visite du MMFIM à Ottawa: un point sur les meilleures pratiques

Pas de commentaire Par Sonya Cormier | 29 juillet 2016
Illustration Crédit photo : Zhu

Curieux d’en savoir plus sur les meilleurs pratiques en matière d’itinérance, l’équipe du Mouvement pour mettre fin à l’itinérance à Montréal (MMFIM) est allée à la rencontre de collègues de la Ville d’Ottawa et de trois organisations dédiées aux personnes en situation d’itinérance.

Des organisations dédiées aux personnes en situation d’itinérance

Le Programme Gardner

Notre visite d’Ottawa, réalisée en juin dernier, a débuté dans le secteur Vanier où nous avons rencontré le chargé de projet et l’infirmière en chef du programme Gardner mis en place par la société John Howard en partenariat avec la Ville d’Ottawa. Le programme Gardner est un projet de 34 logements abordables, offerts spécifiquement aux personnes provenant de l’itinérance chronique et éprouvant des difficultés sévères au niveau de leur condition de santé. Il leur offre la possibilité d’avoir un milieu de vie unique, combiné d’un logement privé, d’aires de vie communes incluant salle d’activités récréatives et jardin communautaire, et surtout, d’avoir accès en permanence à une équipe d’intervenants et de professionnels de la santé sur place 24h sur 24h.

Au cours des prochaines années, Ottawa prévoit s’inspirer du modèle du programme Gardner pour développer trois autres projets de logements abordables, de 36 à 48 unités, ayant pour mission spécifique de loger des personnes en situation d’itinérance chronique et nécessitant des services en soins de santé.

L’équipe d’intervention en logement de l’Armée du Salut

Nous avons poursuivi notre tournée avec la rencontre de l’Armée du Salut qui offre une panoplie de services. Parmi ceux-ci, un programme Logement d’abord a été développé plus récemment en 2008 en partenariat avec la Ville d’Ottawa. L’équipe d’intervention en logement de l’Armée du Salut travaille avec et pour les personnes sans abri pour créer des plans de logement individualisés respectant ainsi les préférences et l’autonomie des personnes. Un autre projet sur lequel cette équipe travaille ardemment et qui sera opérationnalisé sous peu, consiste en la mise en place d’une liste de logements centralisée. Cette liste a pour but de regrouper de l’information sur l’ensemble des logements disponibles sur le marché locatif privé, de même que sur leurs propriétaires, en plus d’indiquer en temps réel que les logements soient occupés ou mis en location pour les participants visés par le programme Logement d’abord. Ceci est un bel exemple de coordination des services et l’avenir pourra nous en dire plus long sur les bénéfices de ce nouvel outil.

Le Centre de santé autochtone Wabano

Puis, une rencontre marquante a eu lieu au Centre de santé autochtone Wabano. Établi dans la région de la capitale nationale depuis 1998, ce centre de santé urbain a pour mandat de prévenir les problèmes de santé, de traiter les personnes et de fournir un soutien et des programmes de suivi à tous les peuples autochtones. La découverte de son infrastructure grandiose et spécialement de sa salle de prière a rapidement imposé le constat de l’importance de la culture et de spiritualité comme point d’ancrage pour marquer tout changement dans la vie des personnes d’origine autochtone. Puisqu’il est impossible d’y faire abstraction, le Centre Wabano peut être cité en exemple aujourd’hui pour avoir réussi à mettre en place des ressources et des programmes éducatifs autochtones, ainsi qu’un projet Logement d’abord culturellement adapté à la réalité des peuples autochtones.

Une approche coordonnée et cohérente

Le Mouvement s’est également intéressé au modèle des services d’itinérance de la Ville d’Ottawa. Orientée sur les personnes et la recherche de solutions, cette grande ville coordonne les services offerts par l’ensemble des acteurs : refuges d’urgence, logements abordables, soutien communautaire. Ottawa joue essentiellement un rôle de mobilisation des partenaires et des ressources dédiées à l’itinérance sur son territoire. Tout en coordonnant les allocations dédiées à l’itinérance en provenance des gouvernements fédéraux et provinciaux, en plus de ses budgets municipaux, la capitale nationale prône une approche coordonnée et cohérente sous le même modèle que d’autres villes ontariennes.

Une base de données centralisée

Soulignons enfin que la Ville d’Ottawa a réussi à mettre au point un outil de collecte de données fort enviable, soit une base de données centralisée permettant de recueillir, depuis plus de quinze ans, des informations pertinentes sur le phénomène de l’itinérance à Ottawa. De cette façon, elle réussi à ajuster son offre de services en fonction des besoins des différentes populations : femmes, hommes, jeunes et familles. D’ailleurs, Ottawa a revu récemment son plan d’action municipal d’ici 2024, en plus de concevoir un nouveau système de services pour ses sans-abris, et ce, de manière à faire converger dans le même sens les efforts de chacun des acteurs de sa communauté en ayant pour objectif ultime d’offrir un chez-soi pour tous.

Le Mouvement est revenu à Montréal fort inspiré de ces rencontres et plein d’énergie pour déployer son plan Objectif 2020 !

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